Ou presque !
Et oui, il faut savoir que durant l’année écoulée, j’ai quand même échangé quelques mails avec des internautes intéressés par la question et même avec des sénateurs (et sénatrices) qui se sont penchés sur la question du marché noir. Et finalement, l’idée de réglementer la revente de billets a fait son bonhomme de chemin dans les couloirs de notre gouvernement. Il faut dire qu’un texte de 1919 régissant un business très actuel, ça faisait un peu tâche, d’ailleurs, je ne sais pas si vous l’avez vu mais durant l’été 2008, Ebay avait été assigné devant les tribunaux par le festival Au Bout Du Monde.
Le festival attaquait Ebay car on y trouvait de nombreux pass à vendre alors qu’Au Bout du Monde bénéficie de subventions publiques (là on est en plein dans la loi de 1919), cependant Ebay avait immédiatement coopéré en retirant systématiquement les annonces liées au festival. Néanmoins, les responsables du festival avaient décidé de mener jusqu’au bout leur action en justice, estimant que le site d’enchères était responsable, sauf que le tribunal en a décidé autrement et les a déboutés puisqu’Ebay avait immédiatement réagi pour juguler la revente. Preuve que certains « officiels » se sont inquiétés de ce marché parallèle.
Depuis et sur l’indication d’internautes signataires, j’ai eu l’occasion d’échanger quelques mails avec des sénateurs et des sénatrices qui étudiaient cette question il y a déjà un an. Le résultat, c’est qu’en cette fin 2010, ceux-ci vont étudier un texte très controversé appelée LOPPSI 2, un texte fourre-tout sécuritaire à mort qui pourrait bien faire vaciller la neutralité du web dans nos contrées (sic). Pour cela, je vous renvoie à cet article de L’express qui présente quelques point délicats de cette loi et vu que l’on y renforce un peu tout et n’importe quoi sur le web, nos élus ont aussi pensé à la revente de billets :
VENTE A LA SAUVETTE
La vente à la sauvette, qui constituait une contravention, devient un
délit passible de 6 mois d’emprisonnement et de 3750 euros d’amende.
L’exploitation de la vente à la sauvette est elle aussi sévèrement réprimée.
Ça, c’est déjà plus intéressant, d’ailleurs le député UMP de haute-Savoie Lionel Tardy revient un peu sur la proposition en exprimant son souhait d’étendre le dispositif hors du web, estimant que l’on ne peut simplement stigmatiser le web.
Avouons néanmoins que ce ne sont pas vraiment les 10 – 20 mecs qui vendent des billets devant les salles de concerts qui posent le plus de problèmes. Le marché noir existe depuis très longtemps et, je pense, continuera à exister encore longtemps. Par contre, ce qui est assez nouveau, c’est la manière dont celui-ci s’est développé sur le web ! Tout le monde pouvant s’improviser revendeur en toute impunité sans même avoir à bouger de chez soi. On en arrive à des situations des plus absurdes où même des places de parking sont vendues 6 fois leur prix pour la venue de U2 au Stade de France (soit 75€ !)
Et c’est bien là ce qui pose le plus problème pour moi, c’est cette facilité d’action avec laquelle certains en ont fait un business régulier au détriment des amateurs de musique qui sont, dès lors, pris en otage. Si vous avez été incapables de vous fournir des places pour un concert (bah oui, quelle idée de bosser le matin de la vente des billets par exemple), certains revendeurs n’hésiteront pas à vous dire que vous l’avez un peu cherché (lu sur certains forums) ! Normal donc de trouver derrière et même pas une heure après sur internet déjà des dizaines et des dizaines d’annonces avec des prix multipliés par 2 minimum.

Néanmoins et si je suis loin de prier pour que le texte LOPPSI 2 passe pour de nombreuses raisons car mettant à mal les libertés individuelles sur internet, le fait d’interdire la revente serait, je pense, un véritable frein à ce marché parallèle qui expose, en plus, tout acheteur à un risque d’arnaque.
Reste que même ce passage de la loi ne fera pas forcément avancer les choses comme on le souhaiterait mais ça, j’y reviendrai dans un prochain billet…