
Où en sommes-nous, un an plus tard ?
Et bien malheureusement, les choses n’ont pas tellement bougé, avouons-le ! Passé l’engouement des débuts et les quelques gros concerts laissant régulièrement quelques internautes sur le carreau et venant alimenter petit à petit la pétition, il est difficile de dire que cela ait eu un quelconque impact (pour ne pas dire pas du tout).
Néanmoins, les gens prennent de plus en plus conscience que le phénomène du marché noir ne cesse de prendre de l’ampleur, ce qui est encore plus évident en période de crise où les gens usent de tous les stratagèmes possibles pour s’assurer quelques précieux revenus. Ceci dit, si crise il y a vraiment, les acheteurs de places au marché noir devraient être moins nombreux à acheter des tickets, reste que le fait de voir des gens faire le pied de grue pendant des heures devant la FNAC du coin pour acheter leurs places pour U2, à 100 voire 150€ l’unité, ne m’a pas vraiment rassuré sur ce point.
En attendant, une chaine nationale s’est montrée intéressée par le sujet, au programme de ce reportage prévu pour un 20h (d’ici quelques jours je pense) ; interview de producteurs musicaux ou encore de responsables d’eBay (et prochainement de moi-même), je pense qu’il sera intéressant de connaitre leurs points de vue sur un sujet plus complexe qu’il n’y parait.
D’ailleurs, existe-t-il même une véritable solution au marché noir ? Je ne sais pas. Le but avoué, depuis le début, de cette pétition n’étant pas d’éradiquer le phénomène mais bien de lui rendre une certaine confidentialité et de tenter quelque chose (même si cela ne mène à rien) plutôt que de subir sans rien dire.
Alors :
- Limiter le nombre de places ? Oui peut-être mais difficile d’empêcher les revendeurs de créer plusieurs comptes pour se servir en places (sans parler de certains comités d’entreprises approvisionnant directement certains d’entre eux en dizaines de places…)
- Des places nominatives ? Envisageable dans le cas de petites salles, ça se pratique d’ailleurs pour certains concerts à caractère exceptionnel mais la méthode semble bien moins viable pour un Stade De France censé, lui, accueillir 50-60 000 personnes (si on décompte un virage pour la technique). Sans parler de la revente à sa valeur faciale de billets en cas de désistement…
- Une loi ? Pourquoi pas ? Interdire purement et simplement la revente des billets au même titre que les évènements bénéficiant de subventions publiques. Effectivement, ça pourrait être efficace mais… Encore une loi ? Et puis, pas sûr que le gouvernement puisse trouver ça indispensable. Je pense même que c’est le cadet de leur souci (le ministère de la culture ayant bien d’autres internautes à fouetter actuellement avec sa loi Hadopi à sens unique).
Est-ce pour autant une impasse ? Non pas vraiment puisque dans un premier temps, les revendeurs réguliers qui font de leurs transactions régulières un second boulot en termes de revenus devraient savoir que, passé un certain montant (je ne sais plus s’il est annuel ou mensuel), sont censés le déclarer aux impôts au risque, dans le cas contraire, d’être dans l’illégalité. Et bizarrement, quelque chose me dit que dans le domaine, il doit y avoir pas mal de failles…
Attention ! Je ne prône pas pour autant la délation de revendeurs auprès des services fiscaux, bien loin de moi cette idée, ce n’est pas mon rôle et encore moins mon boulot mais cela prouve bien que ce trafic (en tout cas pour les plus gros revendeurs) a certaines limites légales.
Pour ceux que cela intéresserait, j’essaierai de vous prévenir de la diffusion du reportage réalisé par France 2 sur le marché noir. En attendant, n’hésitez pas à parler au tour de vous du phénomène et surtout essayez de dissuader les gens ayant recours au marché noir de continuer à le faire, puisque sans acheteurs, il n’y aurait pas de revendeurs et c’est peut-être là, la seule solution applicable pouvant avoir un effet immédiat…